A new era of me
- Le Monde de La Binocle

- 24 mars 2022
- 2 min de lecture
*LUMOS*

Je crois bien que j'ai peur du présent.
Je crois bien que j'ai peur de le vivre, non pas parce que j'appréhende l'avenir, bien au contraire, mais parce qu'oublier mon passé et mes souvenirs m'effraie.
J'ai peur d'oublier ce par quoi je suis passée, j'ai peur d'oublier la part de moi, m'ayant permis d'être celle que je suis aujourd'hui. J'ai peur de trop espérer et de finir déçue.
Au final je me rend bien compte que la vie n'est qu'un cycle, un cycle sans fin qui traverse le corps de milliards de personnes depuis la nuit des temps.
Je me rend compte que je ne vois plus les jours défiler, mon rapport au temps est biaisé, flou et sans doute désarticulé.
J'ai tendance à me mouvoir au travers d'une bulle, et avec l'aide d'un faux bouclier façonné par mes soins.
Finalement ce bouclier c'est ma confiance en moi qui se renforce petit à petit.
J'avance totalement à l'aveugle, sans vraiment savoir quelle direction prendre, les cinq dernières années de ma vie en sont la preuve.
Est-ce que je devrai fermer les yeux et arrêter de me focaliser sur le texte de Lous and The Yakuza : "Si je pouvais je vivrais seule loin de mes chaines et des gens que j'aime".
En vrai pourquoi pas ?
Adieu les dilemmes, adieu les problèmes et chers êtres adorés. Bienvenue à toi vie d'ermite, vie de nomade et de paria.
C'est pour vous dire à quel point je redoute de vivre au présent. Je crois surtout que je suis perdue entre l'idéologie utopique d'un avenir radieux et sans nuages, et celle d'un passé parfois peu glorieux mais dont les leçons sont les forteresses de mon avenir.
Je crois bien que j'ai peur du présent parce qu'en toute honnêteté, je préfère rester dans ma bulle. Là au moins, le temps n'avance pas, ce qui m'entoure est forcément à mon goût, quant à ceux que j'aime, ils ne disparaissent pas.
Ce n'est pas un sujet très joyeux, voire pas du tout, mais j'aime remettre en question ma vision de la vie. J'aime croire que je peux toujours changer, toujours évoluer, toujours apprendre.
J'ai peut-être peur du présent, mais je suis surtout effrayée par le fait que tout devienne trop intense, et qu'au bout du compte l'ascenseur de verre finisse par se briser sous mon poids et m'entraine dans une longue chute vertigineuse.
De finir déçue, apeurée par l'abandon et le manque, vide immense laissé à l'arrière. Sauf que dans la vie, le mieux c'est d'apprendre à compter sur soi-même, de se forger cette capacité à ne plus regretter l'absence, de l'apprécier et surtout s'offrir la paix.
D'un autre côté si j'arrive au stade de me faire cette réflexion et de vous la partager, c'est parce que j'ai pris la décision de grandir encore un peu aujourd'hui, afin de réaliser quelque chose pour laquelle ma future moi sera reconnaissante dans les cinq prochaines années.
Votre dévouée La Binocle.
Song of the day : Feeling - Ladipoe
*NOX*



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